effets du jeûne

Connaissez-vous les effets du jeûne sur le corps ?

Voilà déjà une semaine que le mois de Ramadan a commencé, il m’a alors paru intéressant de faire un petit focus sur les effets du jeûne d’un point de vue purement physique. Il existe peu d’études dans ce domaine et les rares que l’on trouve sont parfois insuffisantes pour conclure du fait du manque de sujets inclus dans l’étude. Cependant, des tendances ressortent de ces différentes études et nécessitent des études de plus grande envergure et d’autres effets sont d’ores et déjà avérés. Nous allons voir dans un premier temps les effets du jeûne sur l’animal et l’homme selon la médecine moderne pour ensuite faire un focus sur les effets du jeûne du Ramadan selon la médecine prophétique et finir par un petit rappel sur la grossesse et le Ramadan.

Les effets du jeûne sur le corps

Plusieurs expérimentations sur l’animal

Interaction du jeûne intermittent sur les effets toxiques du nickel

Une expérience a été réalisée sur des rats afin d’évaluer les effets toxiques du nickel sur les reins chez des rats nourris tous les jours d’un côté et des rats nourris un jour sur deux de l’autre. Le nickel est un métal lourd que l’on peut retrouver par exemple dans la pollution atmosphérique occasionnée par les gaz d’échappements.

L’administration de nickel chez les rats nourris tous les jours a eu des effets néfastes sur les reins en provoquant une insuffisance rénale transitoire.

L’administration de nickel chez les rats nourris un jour sur deux n’a eu aucun effet néfaste sur les reins.

Grâce à cette expérience, on peut conclure qu’ici le jeûne intermittent a constitué une restriction calorique bénéfique par rapport à l’intoxication au nickel.

Effets du jeûne intermittent ou périodique sur l’animal

Celui-ci permet :

  • de ralentir le vieillissement cellulaire
  • de prévenir ou de retarder la survenue de maladies chroniques liées à l’âge
  • chez des animaux présentant des cellules tumorales, de diminuer la prolifération des cellules cancéreuses en augmentant l’efficacité de la chimiothérapie. Il permet également d’améliorer la tolérance de la chimiothérapie en préservant les cellules saines.
  • toujours dans le cas d’animaux ayant des cellules cancéreuses, le jeûne intermittent permet de faire diminuer les facteurs de croissance contribuant à la prolifération des cellules tumorales. Il permet également aux cellules saines de mieux résister au stress oxydatif (qui est responsable de la destruction ou de l’endommagement des cellules.).
  • d’améliorer l’humeur et la vigilance
  • d’augmenter les capacités d’apprentissage et de mémorisation

Il convient d’être prudent avant d’extrapoler ces résultats à l’homme car le modèle animal n’est pas toujours extrapolable au modèle humain. Il existe cependant quelques études portant sur l’homme et c’est ce que nous allons voir maintenant.

Quelques études portant sur l’homme

Le premier problème auquel j’ai été confronté en faisant une revue de la littérature c’est qu’il n’existe pas de définition consensuelle du jeûne dans les différentes études. Il est question parfois de jeûne total (pas de nourriture, exclusivement des boissons sur de longues périodes ou pas), de jeûne intermittent (un jour sans rien manger mais droit aux boissons (même si ce n’est pas toujours très clair), un jour où la personne mange normalement) sur de plus ou moins grandes périodes, de jeûne impliquant la prise d’un seul repas par jour et bien d’autres.

Le deuxième problème est que les études ne sont pas puissantes (pas assez de sujets inclus pour avoir des résultats statistiquement significatif) et qu’il y a un certain nombre de biais. Bref, je ne vais pas vous barber plus longtemps avec ça et vous résumer ce qu’il en ressort.

Effets du jeûne intermittent ou périodique chez l’homme

  • amélioration du syndrome métabolique qui correspond à la combinaison d’un certain nombre de risques chez une même personne par exemple : hypertension artérielle, glycémie élevée, surpoids ou obésité, mauvais cholestérol haut, bon cholestérol bas.
  • perte de poids
  • Un jeûne intermittent de 3 semaines permet d’augmenter le bon cholestérol (HDLc) et de diminuer les triglycérides (mauvais cholestérol)
  • Chez des personnes ayant un indice de masse corporelle > 30 kg/m² ayant pratiqué un jeûne intermittent de 8 semaines, il a été constaté :
    • une amélioration des paramètres respiratoires
    • une amélioration des marqueurs de l’inflammation et du stress oxydatif
    • une amélioration des symptômes chez les personnes ayant un asthme modéré
    • une diminution du risque cardiovasculaire en provoquant la diminution du mauvais cholestérol (LDLc, triglycérides), de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque.

Il ressort de ces études que le jeûne intermittent a les mêmes effets qu’une restriction calorique continue dans le cadre d’un traitement d’une obésité ou d’une résistance à l’insuline (qui permet de faire diminuer le taux de sucre dans le sang).

Autres effets du jeûne sur l’homme

Il n’était pas mentionné de quel type de jeûne il s’agissait (il semblerait que cela soit privation de nourriture sur quelques jours mais apport hydrique) mais on retrouve dans la littérature :

  • facteur protecteur du jeûne sur la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer, l’arthrose ou encore certaines maladies cardiovasculaires.
  • le jeûne pré et post chimiothérapie optimiserait les effets de celle-ci et en diminuerait les effets secondaires sur les cellules saines.

Tout ceci dans de bonnes conditions de jeûne à savoir un jeûne non imposé, dans un environnement adapté, en prévenant les risques de dénutrition etc.

Que trouve-t-on du côté de la médecine prophétique ?

Et là, il est bien entendu question du jeûne du mois de Ramadan, à savoir du jeûne de l’aube jusqu’au coucher du soleil (pas de nourriture ni boissons), et ceci bien entendu dans le cas où l’on mange équilibré et avec parcimonie à la rupture du jeûne.

Le jeûne du mois de Ramadan permet :

  • de mettre le système digestif au repos et ainsi lui permet de s’assainir et de se régénérer
  • d’avoir un corps plus léger
  • de renforcer le système immunitaire en augmentant les capacités des lymphocytes et des globules blancs
  • de renforcer le foie
  • de nettoyer les reins et le côlon notamment
  • de purifier le sang en permettant la diminution du mauvais cholestérol entre autres

Il est à ajouter à cela que la volonté, la spiritualité, la motivation joue un rôle non négligeable sur le vécu du mois de Ramadan. En effet, grâce à la foi, les sensations de faim et de soif sont diminuées. Cela explique en partie les fameuses phrases comme « je ne sais pas comment tu fais, moi je ne pourrais pas ». Avec le mental, on peut beaucoup plus de choses qu’on ne le croit.

Focus jeûne mois de Ramadan et grossesse

Un certain nombre des malades chroniques sont dispensés de jeune. Même si la grossesse n’est pas une maladie, cela ne dispense pas de prendre ses précautions. J’ai décidé de faire ce petit focus après avoir vu à plusieurs reprises, un certain nombre de comportements gênants notamment sur les réseaux sociaux pour ne pas en citer qu’un^^ :

  • des femmes enceintes qui demandent si elles doivent jeûner ou pas à des gens qui n’ont pas les compétences pour leur répondre (mais qui ne se privent pas de répondre tout et surtout n’importe quoi)
  • des docteurs du net qui donnent des conseils pas adaptés, non personnalisés en s’appuyant sur leur expérience personnelle et qui ne se rendent pas compte de la responsabilité qu’ils prennent. Chaque femme, chaque grossesse est unique, on ne réagit pas de la même manière d’une personne à l’autre. Cela peut très bien se passer chez certaines et avoir des conséquences terribles chez d’autres.
  • des personnes qui culpabilisent les femmes enceintes qui manifestent leur choix de ne pas jeûner
  • je ne parlerai même pas de la dimension religieuse car malheureusement il y a aussi des chouyoukhs du net…

Bref, passons, les quelques études réalisées sur une population de femmes enceintes musulmanes indonésiennes ont montré :

  • chez la femme : un risque d’augmentation des vomissements, des anémies, des infections urinaires liées à la diminution des apports d’eau et une augmentation du cortisol maternel
  • chez le foetus : une diminution des mouvements respiratoires, un risque de souffrance fœtale et parfois un risque de diminution du poids, taille et placenta à la naissance.

Conseils pour les femmes enceintes ou les femmes allaitantes (allaitement exclusif)

Nous ne sommes pas sans savoir que le jeûne occasionne une diminution des apports caloriques et hydrique ainsi qu’une perturbation du sommeil. S’ajoute à cela que pendant la grossesse, l’insulinorésistance augmente.

  • Consulter un médecin ou un professionnel de santé (votre gynécologue, votre médecin traitant, votre sage femme etc.), si vous avez l’impression qu’il n’est pas objectif, rien ne vous empêche de prendre plusieurs avis. Mais il faudra dans tous les cas, avoir tous les éléments de votre dossier obstétrique et lui notifier tous vos antécédents, traitement etc. pour qu’il puisse vous donner un avis éclairé. Et par pitié, arrêtez d’aller demander des avis sur internet, votre santé ainsi que celle de votre enfant ne sont pas à prendre à la légère. Un professionnel de santé connaissant votre dossier parfaitement est la seule personne capable de vous dire si il est bon de jeûner ou pas dans votre cas bien précis. Alors pas la peine d’écouter le témoignage de votre voisine qui a jeûné et pour qui ça s’est bien passé, vous êtes différentes et avez une grossesse différente.
  • Pareil pour la question religieuse, questionnez un homme de science, pas le premier venu sur internet pour savoir les modalités de rattrapage.
  • Pour les femmes allaitantes, il est souhaitable de consulter un pédiatre si l’allaitement est exclusif pour faire le point avec lui.
  • Si malgré tout ça, vous décidez quand même de jeûner, soyez très vigilante surtout en ces périodes de jeûne prolongée avec parfois de fortes chaleurs. Vous ne devez pas hésiter à interrompre votre jeûne devant tout signe alarmant et veillez à avoir un suivi régulier pour surveiller le bébé.

Nulle contrainte en religion, Dieu nous offre des facilités dans certains cas de figures, ce n’est pas pour rien. Alors arrêtons de les compliquer.

Bibliographie :

  • Interaction du jeûne intermittent sur les effets cytotoxiques rénaux du nickel chez le rat pubère
    Comptes Rendus Biologies, Volume 328, Issue 7, Pages 648-660, Najla Hfaïedh, Mohamed Salah Allaqui, Françoise Croute, Jean-Pierre Soleilhavoup, Kamel Jammoussi, Fatma Makni Ayadi, Abdelaziz Kammoun, Abdelfattah El Feki
  • J.-L. Schlienger, Le jeûne a-t-il un intérêt médical ?, Médecine des Maladies Métaboliques, Volume 9, Issue 7, November 2015, Pages 681-686
  • Jérôme Lemar. L’appellation ”jeûne thérapeutique” est-elle fondée ou usurpée ? : éléments de
  • réponse d’après une revue de bibliographie chez l’animal et chez l’homme. Médecine humaine
  • et pathologie. 2011.
  • Ramadan et santé, quoi de neuf en 2013 ?, Revue de Médecine Pratique, N°25, Juillet – Août 2013, pages 40-42, R. Roky
  • André, C. Manger moins pour vivre mieux.
  • Ayad, A. Guérir le corps et l’âme
Posted in Beauté & Santé au naturel.

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