Initiative écolo #6 : Chakib de Biolal

par consomouslim | Ecologie

Sep 15
BIOLAL

Une série de portraits sur des personnes engagées dans l’écologie ou encore sur des initiatives allant dans ce sens seront publiés sur le blog. Pour continuer cette série qui je l’espère vous permettra de découvrir ou redécouvrir des initiatives écologiques dans plusieurs domaines, c’est Chakib de Biolal qui a répondu à nos questions.

L’initiative écolo de Chakib de Biolal

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Bonjour, je suis Chakib Hayani, fondateur de la marque Biolal. J’ai passé mon enfance dans les campagnes du Nord, près de Cambrai.

Pouvez-vous expliquer votre manière de participer à la préservation de l’environnement à votre échelle individuelle ?

Face aux nombreux défis à relever pour participer à la préservation de la Création, nous nous sentons souvent impuissants ou en décalage avec nos convictions. J’essaie au quotidien de gagner en cohérence. Adopter une telle posture est inéluctable lorsque l’on souhaite améliorer sa condition spirituelle. Par exemple, n’utiliser qu’un filet d’eau pour se laver les mains ou pour effectuer ses ablutions participe à notre propre éducation quant à notre rapport à l’environnement.

Quel a été le déclic de cette prise de conscience écolo ? Pouvez-vous nous présenter votre initiative écolo ?

Après plusieurs années passées dans le conseil auprès d’acteurs majeurs du secteur du halal, je me suis enrichi de rencontres intéressantes, avec des gens pleins de convictions et d’autres motivés que par les dimensions matérielles. Ceci m’a donné une lecture distancée et sous un angle désintéressé. Le constat était sans appel, l’éthique doit revenir au centre du halal. J’ai donc décidé de proposer les premiers poulets fermiers bio et halal en France, en 2015, puis nous avons ouvert la boutique Biolal à Lyon. Depuis septembre 2017, à la suite d’une demande croissante, nous proposons nos viandes d’exception bio et françaises, en ligne livrées en 24H dans toute la France

Quel est pour vous le principal frein à une consommation plus saine à l’échelle individuelle et collective ?

L’une des clés souvent négligée est la prise de conscience. C’est une étape nécessaire et capitale. Partant de là, il convient d’y aller par étapes. Parfois une forme de lassitude et/ou fainéantise peut s’installer, nous poussant à revenir à des réflexes de consommation moins sains. Il y a aussi beaucoup d’idées reçues sur la cherté de ces modes de consommation, plus sains pour le corps et l’environnement. Nous tentons de calquer des modèles d’achats identiques au passé. Consommer sainement, c’est s’intéresser à l’origine des aliments. C’est privilégier les circuits courts afin d’y trouver un autre intérêt que celui de la consommation dénuée de sens. Les rayonnages en grandes surfaces, les packagings et même les publicités sont conçues pour nous éviter de penser… On pense à notre place, on anticipe nos besoins. Visiter les éleveurs/producteurs, par exemple, contribue à développer une culture alimentaire et participe à la consolidation de nos valeurs.

L’approche doit être globale et inclure toutes les dimensions du problème afin que les résultats ne soient pas biaisés. Chez Biolal nous avons commencé il y a quelques années à nous intéresser à nos émissions de CO2 , les emballages etc. Résultat, aujourd’hui nous faisons appel à une solution de nettoyage écologique pour nos bureaux et boutiques. Nous demandons à nos fournisseurs de bannir les emballages cartons et/ou superflus, nous avons mis en place des livraisons sous caisses consignées avec nos fournisseurs. Enfin, dernièrement nous avons lancé le vrac afin d’être au plus proche du zéro déchet.

Que souhaitez-vous dire aux lecteurs pour les motiver à mieux consommer ?

Je ne me permettrai pas de donner des leçons. Le premier bénéficiaire d’une consommation saine est le corps. Le corps est dans la tradition islamique une « Amana » (un dépôt) de la même manière que la Création. Nous sommes les garants de leur préservation et ceci nous rend responsables. Sans ce sentiment de responsabilité, nous ne pouvons éduquer nos enfants. Sans ce sentiment de responsabilité, nous ferions n’importe quoi une fois sur les routes, en voiture. De la même manière, un citoyen responsable et porteur d’une spiritualité doit, fonction de ses moyens, de sa capacité, tenter chaque jour de marquer des points, grâce à des changements qui mèneront, j’en suis sûr, vers une société plus équilibrée et plus saine.

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