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syndrome prémenstruel
Mai 26

Syndrome prémenstruel : quand le suspecter ?

par consomouslim | La minute du doc

Le syndrome prémenstruel est un syndrome très fréquent mais souvent méconnue par les femmes. Une femme sur trois souffrirait de ce syndrome. A quoi correspond-il ? C’est ce que nous allons voir dans cet article.

Le syndrome prémenstruel

Qu’est-ce que le syndrome prémenstruel (SPM) ?

Le syndrome prémenstruel se caractérise par un ensemble de symptômes cycliques, c’est-à-dire qui se répètent à chaque cycle menstruel. Ces symptômes apparaissent avant la survenue des règles, généralement 6 à 7 jours avant. Ils disparaissent au début des règles ou pendant celles-ci.

Comment peut se manifester un syndrome prémenstruel ?

Les symptômes le caractérisant sont variés et peuvent toucher tous les appareils. Plus de 150 symptômes ont été attribués au SPM, rien que ça ! Voici des exemples de symptômes pouvant survenir lors d’un SPM (liste non exhaustive) :

  • Des douleurs des seins (mastodynie)
  • ballonnement abdominal
  • douleurs pelviennes
  • œdèmes, jambes lourdes
  • hémorroïdes
  • maux de tête
  • constipation ou parfois le contraire chez certaines femmes ayant plutôt la diarrhée
  • nausées
  • des symptômes psychologiques à type d’irritabilité, d’hypersensibilité avec des épisodes de pleurs fréquents, agressivité, anxiété, des troubles du sommeil etc.
  • prise de poids avec parfois compulsion alimentaire avec une envie particulière de sucre et dégoût de certains aliments
  • douleurs articulaires
  • fatigue physique et intellectuelle
  • problèmes dermatologiques à type d’acné, d’eczéma etc.

Physiopathologie du SPM

La physiopathologie du SPM reste encore mal connue et reste du domaine hypothétique.  Plusieurs hypothèses qui se complètent peuvent expliquer le SPM :

  • déséquilibre hormonal oestrogènes/progestatifs pendant la phase lutéale (= deuxième phase du cycle menstruel, la première est la phase folliculaire)
  • une perméabilité des tissus plus importante pendant cette période qui expliquerait la survenue des oedèmes généralisés
  • une fluctuation du taux de sérotonine dans le cerveau qui pourrait expliquer les symptômes psychologiques
  • des facteurs nutritionnels : une carence en vitamine B6 et plus généralement les vitamines du groupe B, en vitamine C, en zinc, en magnésium ou encore en sélénium favorise le SPM
  • l’hypoglycémie favorise également le SPM
  • mais aussi tous les produits chimiques auxquels on est exposé par le biais des cosmétiques, de l’alimentation comme les pesticides, les additifs etc. Encore une raison de privilégier une alimentation BIO et d’acheter des cosmétiques et produits ménagers les plus clean possibles.
  • il y aurait également une part de psychosomatique

Comment fait-on le diagnostic quand le syndrome prémenstruel est suspecté ?

Le diagnostic se fait sur l’interrogatoire de la patiente et son examen clinique. Aucun examen complémentaire n’est nécessaire pour confirmer ce syndrome sauf si on suspecte un autre diagnostic et qu’on souhaite l’éliminer.

En quoi consiste le traitement actuellement ?

Il s’agit principalement d’un traitement symptomatique c’est-à-dire qu’on traite la personne symptôme par symptôme. Les différents types de traitement ont pour but soit de traiter la douleur, le déséquilibre hormonal, la rétention d’eau ou encore les symptômes psychologiques

Parfois, une prise en charge psychologique est conseillée lorsqu’on retrouve un facteur psychologique déclenchant dans l’anamnèse.

Et bien entendu, des règles hygiéno-diététiques sont à respecter comme :

  • Limiter les excitants comme le café, le thé ou encore arrêt du tabac chez les patientes fumeuses
  • Eviter les aliments à index glycémique élevé et les graisses saturées
  • Limiter ses apports hydrosodés : il faut boire beaucoup mais éviter les aliments contenant du sel
  • privilégier une alimentation riche en oméga 3, en zinc, en sélénium, en magnésium, en vitamines du groupe B et vitamine C mais aussi vitamine A et E.
  • avoir une activité physique régulière, cela agit beaucoup sur les symptômes d’ordre psychologique et permet notamment de mieux gérer son stress
  • massage pour les femmes atteintes de rétention d’eau afin d’améliorer la circulation

Les solutions naturelles du SPM

Voilà les grandes lignes des remèdes naturels contre le SPM :

    • gestion du stress par des techniques de relaxation ou encore via la sophrologie
    • des exercices de respiration
    • l’acupuncture
    • la réflexologie
    • l’homéopathie
    • l’ostéopathie
    • la phytothérapie :
      • gattilier, alchémille, actée à grappes noires, achillée millefeuille, igname sauvage qui sont des plantes hormones like
      • chardon marie, artichaut, chrysantellum americanum, pissenlit, ortie pour stimuler le foie et favoriser l’élimination
      • des plantes pour se détendre comme la mélisse, le millepertuis etc
      • Référez vous aux bons conseils d’un phytothérapeute ou herboriste pour les utiliser de façon optimale
    • l’aromathérapie :
      • l’huile essentielle d’estragon contre les crampes abdominales ou encore l’huile essentielle de basilic qui a des vertus antispasmodiques
      • l’huile essentielle de menthe poivrée contre les nausées et vomissements ou migraines
      • et bien d’autres encore, ici aussi n’hésitez pas à demander les conseils d’un aromathérapeute ou du pharmacien
    • des compléments alimentaires
      • prenez conseil chez un médecin qui a l’habitude d’en prescrire ou bien un naturopathe

Comme vous pouvez le voir, le syndrome prémenstruel est un syndrome riche de symptômes, ce qui rend sa prise en charge compliqué. Chez certaines femmes, ce syndrome est très handicapant, c’est pourquoi il est urgent de trouver des solutions afin de les soulager à chaque cycle.

Si vous êtes intéressés par ce sujet, je vous conseille les lectures suivantes pour approfondir (question de transparence : tous les liens du site vers des livres sont des liens affiliés c’est-à-dire que si vous achetez le livre via mon lien, je touche une minuscule commission, bien entendu cela ne change en rien mon avis, je ne conseille que des livres que j’ai préalablement acheté et lu) :

1 ) Le livre du Dr Bérengère Arnal :

 

 

 

 

 

 

2) Le livre de Karine Ravier-Wrobel

3) Le livre de Lise Manson

syndrome d'intolérance aux odeurs
Mar 31

Le syndrome d’intolérance aux odeurs chimiques

par consomouslim | La minute du doc

Le syndrome d’intolérance aux odeurs est un syndrome peu connu et difficile à diagnostiquer en pratique courante. Les causes de ce syndrome ne sont de l’ordre que de l’hypothèse, ce qui en fait un syndrome difficile à traiter. Nous allons voir dans cet article en quoi il consiste.

Syndrome d’intolérance aux odeurs chimiques

Qu’est-ce que le syndrome d’intolérance aux odeurs ?

Il est composé d’un ensemble de symptômes peu spécifiques, chroniques, pouvant toucher plusieurs appareils et qui se répètent lors d’exposition aux odeurs chimiques et ceci à des concentrations très faibles qui ne gênent pas la majorité des gens. Ceci peut survenir avec différentes substances.

Typiquement, il y a deux formes d’apparition du syndrome :

  • Une apparition plutôt brutale suite à un évènement déclenchant qu’on arrive le plus souvent à déceler à l’interrogatoire type : changement de locaux au travail, travaux de peintures, changement des revêtements de sol etc.
  • Une apparition plutôt progressive où la date de début du syndrome et les causes déclenchantes sont plus difficile à déterminer.

Généralement, la personne souffrant du syndrome d’intolérance aux odeurs chimiques peut présenter divers symptômes tels que : (liste non exhaustive)

  • Picotements ou même brûlures au niveau de la gorge et/ou du nez et/ou des yeux
  • Essoufflement
  • Sensation d’étouffer
  • Toux
  • Vertiges
  • Fourmillements au niveau de la langue ou encore du visage
  • Difficultés de concentration
  • Maux de tête
  • Nausées
  • Malaise
  • Fatigue

Comme vous pouvez le voir, les symptômes sont riches et peu spécifiques, ce qui rend le diagnostic difficile. Les personnes atteintes ont en moyenne au moins 4 symptômes différents parfois plus.

Comment confirmer le diagnostic ?

Ce sont des faisceaux d’arguments qui nous permettent de conclure à un syndrome d’intolérance aux odeurs chimiques :

  • Ce sont des personnes généralement gênées par les odeurs type essence, peintures, vernis à ongles, tabac, désodorisants, insecticides, parfums etc.
  • Si on va plus loin dans l’interrogatoire, on peut trouver des conduites d’éviction. Ce sont des personnes qui n’utilisent aucun produit parfumé que ce soit des produits d’hygiène ou d’entretien.
  • Antécédents de malaises vagaux à répétition sans cause retrouvée
  • Antécédents d’angoisse et/ou de phobies
  • L’examen clinique ainsi que les examens complémentaires réalisés dans le doute d’un autre diagnostic reviennent tous normaux

Quel est le retentissement de ce syndrome ?

Ce syndrome peut s’avérer très handicapant selon sa sévérité chez certaines personnes. Il y a à la fois un retentissement social et professionnel. Des exemples tout simple de vie quotidienne pouvant se révéler insupportable pour les personnes atteintes de ce syndrome : Vivre ou travailler avec des personnes qui se parfument, travailler dans des locaux neufs, fraîchement peints etc.

Je me rappelle une patiente vendeuse qui m’avait dit avoir démissionné car ne supportait plus les odeurs des chaussures. Elle travaillait dans un magasin de chaussures, sentir cette odeur toute la journée occasionnait chez elle des maux de tête insupportables ainsi que des nausées pouvant aller jusqu’aux vomissements.

Quelles sont les causes de ce syndrome ?

Elles relèvent de l’hypothétique. Certains affirment que ce syndrome pourrait être une somatisation d’un trouble psychologique. Ce syndrome toucherait préférentiellement les personnes de nature anxieuse.

D’autres évoquent une hypersensibilité du système immunitaire.

Cela pourrait être dû à un conditionnement de la personne, qui a eu des symptômes lors d’une exposition aiguë à une substance chimique et qui ensuite reproduit ces symptômes à la moindre exposition aussi minime soit-elle de n’importe quelle substance chimique.

Des causes neurobiologiques ont été également avancées.

Diagnostic différentiel

Attention à ne pas confondre ce syndrome avec :

  • Un asthme
  • Un syndrome des bâtiments malsains
  • Des angoisses
  • Une intoxication

Comment est-il traité ?

Vous l’aurez compris, comme il s’agit d’un syndrome peu connu, il n’y pas de véritable traitement. Les grandes lignes vont consister :

  • À expliquer au patient qu’il ne s’agit ni d’une allergie, ni d’une intoxication mais qu’il est réellement malade. ll ne faut pas prendre ses symptômes à la légère
  • À mettre en garde contre certaines arnaques type « produits détoxiquants » vendus sur le net très cher
  • À proposer une prise en charge psychologique de façon précoce pour éviter les retentissements psychologiques de ce syndrome.

Si vous êtes atteints de ce syndrome et que vous êtes gêné au niveau professionnel, pensez  à en parler avec votre médecin du travail qui pourra s’il est possible de le faire, envisager un aménagement de poste.

Sachez également qu’il existe un site internet d’une association de malades SOS MCS.

Comment ce syndrome évolue-t-il ?

Malheureusement, généralement soit il empire, soit il se stabilise mais ça va très rarement dans l’autre sens. Généralement, les personnes atteintes apprennent à vivre avec en supprimant tous les produits susceptibles d’occasionner des troubles chez elles.

Ce syndrome d’intolérance aux produits chimiques peut s’avérer très handicapant socialement et surtout professionnellement de par la multitude des situations qu’il peut englober. Pour le moment, l’éviction et la prise en charge psychologique paraissent la seule solution.

endométriose
Fév 10

Endométriose : Quand la suspecter ?

par consomouslim | La minute du doc

L’endométriose fait beaucoup parler d’elle. C’est une des maladies gynécologiques chroniques les plus fréquentes. Nous allons voir dans cet article à quoi elle correspond et devant quels symptômes la suspecter.

Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endométriose se caractérise par la présence ectopique de tissu endométrial. C’est à dire que l’on trouve du tissu endométrial, là où il ne devrait normalement pas en avoir, en dehors de la cavité utérine.

Il peut s’agir de localisations superficielles ou profondes.

On peut ainsi en retrouver au niveau pelvien, c’est d’ailleurs la localisation la plus fréquente. Mais on peut également en retrouver au niveau du rectum et de la vessie et plus rarement au niveau du péricarde (tissu qui entoure le cœur), la plèvre (tissu qui entoure les poumons) ou encore le cerveau.

Voici en image, les sites possibles de l’endométriose :

endométriose

Crédit photo : wexnermedical.osu.edu

L’endométriose est une maladie :

  • Chronique
  • Évolutive
  • Inflammatoire
  • Hormonodépendante (oestrogenodépendante exactement)

Épidémiologie

L’endométriose touche 10 à 15 % de la population féminine. Elle touche plus fréquemment la femme en âge de procréer.

Elle est la première cause des dysménorrhées (règles douloureuses) et des douleurs pelviennes. Elle est cependant très tardivement diagnostiquée en règle générale de part la richesse de ses symptômes.

Comment peut se manifester une endométriose ?

Sa symptomatologie est très riche et très variée selon sa localisation mais aussi d’une femme à l’autre. C’est ce qui rend son diagnostic difficile.

Dans ses atteintes pelviennes, elle peut se manifester par :

  • Des douleurs pelviennes
  • Des règles douloureuses
  • Une dyspareunie (douleur lors des rapports sexuels)

Plus rarement, lorsqu’elle atteint le système digestif ou urinaire, elle peut se manifester par différents troubles rythmés par les règles tels que :

  • Troubles du transit
  • Douleurs abdominales chroniques
  • Faux besoins
  • Douleurs rectales
  • Rectorragies (saignement provenant du rectum)
  • Dysurie (difficulté pour uriner)
  • Infections urinaires à répétition
  • Brûlures mictionnelles
  • Hématurie (sang dans les urines) etc.

Comme vous le voyez, les symptômes ne sont pas spécifiques et peuvent concerner d’autres maladies. C’est ce qui fait que l’endométriose est sous diagnostiquée.

Quels sont les facteurs de risque de l’endométriose ?

  • Sexe féminin
  • Femme en âge de procréer
  • Âge des premières règles précoce, cycles courts et règles abondantes
  • Le nombre d’enfants. En effet le risque d’endométriose diminuerait avec le nombre d’enfants
  • Alcool
  • Repas riches en graisses saturées

Physiopathologie de l’endométriose

La physiopathologie de l’endométriose est encore mal connue et du domaine de la théorie. Il existe plusieurs théories qui se complètent et se contredisent à la fois. Ce qui est normal, car finalement il n’existe pas UNE endométriose mais DES endométrioses.

Mise à part ces théories, il existe différents facteurs qui favoriseraient le développement des lésions localement :

  • Facteurs inflammatoires
  • Hormonaux
  •  Oxydatifs
  •  Immunitaires
  •  Proangiogéniques (facteurs qui favorisent le développement de vaisseaux sanguins)
  •  Facteurs de croissance
  • Environnementaux (irradiation, dioxine, exposition in utero au Distilbène etc.)
  •  Génétiques

Comment fait-on le diagnostic quand l’endométriose est suspecté ?

  • Un examen clinique minutieux (spéculum, toucher vaginal, +/- toucher rectal si suspicion d’atteinte digestive)
  • Des examens complémentaires : échographie pelvienne par voie intravaginale en première intention. D’autres examens peuvent être demandés en fonction de la symptomatologie.

En quoi consiste le traitement actuellement ?

Le traitement est médico-chirurgical.

Le traitement médical n’est pas curatif, il ne fait que « suspendre » la maladie. Trois grandes classes de médicaments sont utilisés (AINS, progestatifs et agonistes de la GnRH.)

Le traitement chirurgical concerne les femmes symptomatiques résistantes au traitement médical. Il consiste à retirer les différentes lésions d’endométriose.

Comme vous pouvez le voir, l’endométriose est une maladie chronique, évolutive et handicapante pour celles qui en souffrent. C’est une maladie encore mal connue. On peut ainsi parler d’endométrioses au pluriel et non pas d’une seule forme d’endométriose, tellement ses formes sont riches et variées.

Pour aller plus loin, ils existent de nombreux sites internet pour vous informer sur l’endométriose tels que :

  • endométriose-info.ch
  • endometriose.forumactif.com
  • Ainsi que le site de l’association française de lutte contre l’endométriose : endofrance.org
psychosomatique
Déc 02

Mieux comprendre les manifestations psychosomatiques

par consomouslim | La minute du doc

Vous avez du sûrement entendre une fois votre médecin vous dire « C’est psychologique » en réponse à une plainte physique de votre part. Pour la plupart d’entre nous, nous n’aimons pas entendre cela. C’est comme si le médecin niait votre maladie. Or ce n’est pas le cas et c’est ce que nous allons essayer de comprendre dans cet article ce que l’on regroupe sous le terme de manifestations psychosomatiques. Je vous conseille également en fin d’article un livre sur le sujet et un exemplaire sera offert à l’un de vous. Donc restez bien jusqu’à la fin.

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épuisement professionnel
Oct 14

Qu’est-ce que le burn out ou syndrome d’épuisement professionnel ?

par consomouslim | La minute du doc

Au fil des années, le travail a évolué. Il y a eu une transformation et non des moindres de l’organisation du monde du travail aboutissant à l’émergence de nouveau maux dont l’épuisement professionnel. Le syndrome d’épuisement professionnel ou encore appelé burn out rentre dans la grande famille des risques psychosociaux. Il a fait l’objet de plusieurs définitions au fil des années et il n’existe pas de consensus en termes de définition. Nous verrons dans cet article les bases de l’épuisement professionnel afin d’essayer de l’expliquer et ses manifestations.

Le syndrome d’épuisement professionnel : 3 dimensions

Le burn out peut être défini comme un « épuisement physique, émotionnel et mental qui résulte d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel. » Même si l’on évoque souvent le syndrome d’épuisement professionnel par rapport au monde du travail « classique », n’oublions pas que le burn out maternel existe également. Être mère au foyer est un travail (mais beaucoup semblent l’oublier) alors que dire des femmes qui combinent leur rôle de maman et qui ont en plus une autre activité salariée.

Les travaux de Christina Maslach, psychologue sociale ont permis de mettre en évidence 3 grandes dimensions de l’épuisement professionnel :

  1. L’épuisement émotionnel
  2. Le cynisme ou dépersonnalisation avec déshumanisation des relations aux autres
  3. La diminution de l’accomplissement personnel au travail

L’épuisement émotionnel

L’épuisement professionnel se traduit par un épuisement émotionnel, psychique et physique. La personne se sent littéralement « vidée ».

Le cynisme

La seconde dimension est le cynisme vis-à-vis du travail. La personne devient négative, se détache, se désengage de son travail ou encore de ses collègues de travail. Il s’agit en quelque sorte d’une réaction d’auto-défense.

La diminution de l’accomplissement personnel au travail

La personne souffrant d’épuisement professionnel perd confiance en elle, se dévalorise.

En résumé, dans l’épuisement professionnel, tout s’épuise :

  • L’engagement professionnel
  • Les émotions
  • L’adéquation entre l’état de santé de l’épuisé et son poste de travail

Les symptômes du burn out ou épuisement professionnel

Le burn out est de diagnostic difficile. Une personne épuisée ne va pas s’en apercevoir (dans la majorité des cas jusqu’à ce que cela soit trop tard), c’est son entourage qui va s’en rendre compte en premier lieu. Elle va même avoir tendance à nier son état. C’est pour ça que quand je reçois un patient qui me dit « Docteur, je fais un burn out », je sais déjà à 99% que mon diagnostic final ne sera pas un burn out !

Personnalités à risque

Un type de personnalité est plus à risque de développer un burn out. Ce sont plutôt les personnes meneuses, surinvesties, qui se donne perpétuellement des défis, les perfectionnistes, les personnes à tendance hyperactive ou encore qui ont des difficultés à gérer leur stress. Ce sont des altruistes. Toutes les professions peuvent amener à un burn out mais il y a des professions particulièrement à risque comme tous les métiers de soignants, d’aide à la personne etc. Les personnes ayant des antécédents de dépression sont également plus à risque.

Un certain nombre de caractéristiques jouent un rôle dans la genèse du burn out comme :

  • L’instabilité émotionnelle
  • Les personnes consciencieuses
  • La grande importance qu’a le travail dans la vie de la personne

5 grands symptômes

1) Les manifestations émotionnelles

Elles peuvent être :

  • Des angoisses, de l’anxiété
  • Un sentiment de perte de contrôle
  • Des tensions nerveuses
  • Une humeur dépressive
  • De la tristesse, du pessimisme
  • Une démotivation
  • Une irritabilité
  • Une hypersensibilité
  • Ou encore une absence d’émotions (apathie), une froideur inhabituelle

2) Les manifestations physiques

Elles sont assez fréquentes et elles sont à type de :

  • Troubles du sommeil : difficultés d’endormissement, réveils nocturnes, cauchemars etc.
  • Une fatigue chronique
  • Des douleurs musculaires concentrées au niveau du dos et de la nuque ou d’autres troubles musculo-squelettiques
  • Variation du poids
  • Maux de tête
  • Nausées ou encore vomissements parfois

3) Les manifestations cognitives

Le burn out a également des conséquences sur les capacités intellectuelles de l’épuisé et peut entraîner par exemple :

  • Des difficultés de concentration
  • Des difficultés à faire plusieurs tâches à la fois
  • Des difficultés à prendre des décisions
  • Des oublis, des troubles de la mémoire

4)  Les manifestations comportementales

Celles-ci peuvent être :

  • Un repli sur soi
  • Un isolement
  • De l’hétéroagressivité
  • Un désintérêt envers les autres. Ces personnes qui sont d’habitude très empathique arrivent à un point où elles en deviennent presque insensibles aux problèmes des autres.
  • Des conduites addictives : tabac, cannabis, alcool, tranquillisants etc.

5) Les manifestations motivationnelles

  • Baisse de motivation
  • Désengagement progressif par rapport au travail
  • Dévalorisation de soi

Les diagnostics différentiels

Attention, plusieurs maladies psychologiques peuvent être prises pour un burn out à tort. Nous aborderons deux principaux diagnostics différentiels : la dépression et le workaholisme ou l’addiction au travail.

Ce qui permet de distinguer dépression et burn out est que le burn out s’exprime en premier lieu dans la sphère professionnelle et pourra secondairement avoir des conséquences sur les autres sphères s’il n’est pas diagnostiqué et soigné à temps. La dépression, elle, s’exprime dans toutes les sphères et nécessite donc une prise en charge plus globale. La distinction n’est pas toujours aisée d’autant plus qu’un burn out peut se compliquer d’une dépression.

La personne dépendante au travail se surinvestit également sauf qu’il ne s’agit pas d’une demande de la hiérarchie. Ce sont eux-mêmes qui s’infligent ces heures supplémentaires et qui font toujours plus que ce qu’on leur demande. Les causes sont différentes mais peuvent aboutir à la même conséquence : l’épuisement.

Les causes du burn out ou épuisement professionnel

Il y a les facteurs liés au travail d’une part et les facteurs liés à l’individu que nous avons vu précédemment d’autre part. Les différents facteurs de risque de burn out liés au travail sont les suivants :

Les exigences au travail

Elles se traduisent par des délais ou des objectifs irréalistes ou encore flous, une surcharge de travail, des heures supplémentaires trop importantes, des interruptions de tâches fréquentes etc.

Les exigences émotionnelles

Certaines professions sont plus à risque comme les professionnels de la santé. Certaines situations sont plus éprouvantes émotionnellement comme le contact difficile avec le public pouvant entraîner parfois des violences verbales ou encore physiques ou encore le fait de devoir montrer des émotions en contradiction avec ce qu’on ressent réellement.

Le manque d’autonomie et de marges de manoeuvre

Le manque d’autonomie, des délais non raisonnables ou encore des contraintes de temps sont d’autant de facteurs de risque.

La mauvaise qualité des relations de travail

Comme l’existence de violences entre collègues ou encore entre salariés et hiérarchie. Mais cela peut également être un manque d’encadrement, des consignes floues, le manque de solidarité entre collègues, le manque de reconnaissance du travail etc.

Les conflits de valeur et la qualité empêchée

Pour les conflits de valeur, l’exemple du banquier en est un bon. Admettons qu’un banquier ait des objectifs chiffrés. Il doit écouler tant de contrats de crédits par mois. Pour y arriver, il devra en proposer presque à tous ses clients y compris ceux qui n’en ont pas besoin et même à des clients à qui ça pourrait être délétère (risque d’endettement etc.). Les gens sans scrupule y arriveront mais chez un banquier pour qui ça rentre en conflit avec ses valeurs, il se retrouve dans une véritable impasse.

Il y a aussi le fait d’avoir l’impression d’être inutile au travail, de ne pas trouver de sens à son travail.

L’insécurité de l’emploi

Parfois des salariés restent en poste malgré une souffrance de par la situation socio-économique actuelle. Ils ont peur de perdre leur emploi. Ceci constitue un facteur de risque de burn out à part entière également.

La prise en charge du burn out ou épuisement professionnel

Le meilleur traitement est le traitement préventif. Comme le dit l’adage, mieux vaut prévenir que guérir. La prévention du burn out passe par l’action sur les facteurs de risque pré-cités et également par le dépistage des situations à risque.

Il s’agit d’un côté de prévenir de façon collective les situations à risque par les entreprises, les managers, de veiller à une bonne organisation du travail etc. Et de l’autre côté, de faire de la prévention individuelle en permettant à chaque personne de mieux gérer son stress, d’augmenter sa résistance au stress et sa capacité de recul, d’apprendre aux personnes à risque à délimiter sphère professionnelle et sphère privée, leur apprendre à s’arrêter et d’avoir un temps pour tout.

Une fois la maladie installée, la prise en charge comporte 4 axes principaux :

  1. Le repos et donc l’arrêt de travail
  2. La reconstruction émotionnelle et de l’estime de soi via une psychothérapie
  3. La réflexion et le retour de l’envie de travailler
  4. La possibilité de retour au travail qui se prépare collectivement

Vous l’aurez compris la prévention prime en matière de burn out. Une fois-là, le traitement est plurifactoriel et complexe à la fois sur l’environnement professionnel et sur le malade.

Ouvrage sur le sujet :